Les vignobles Ducom, un viticulteur passionné

Partons à la rencontre de Gilles Ducom, viticulteur passionné dont la propriété de 3,5 hectares est située aux Artigues de Lussac. Il va nous livrer certains de ses secrets.

« La propriété appartenait au grand-père de mon ex-femme. A l’heure actuelle, j’ai 3,5 hectares répartis sur plusieurs communes ce qui m’offre une palette d’appellations d’origine controlée : Bordeaux Supérieur, Montagne Saint-Emilion, Lalande de Pomerol. J’ai commencé en 1996 à titre secondaire. Je travaillais sur une exploitation en même temps pour acquérir de la pratique et de la technique. Je me suis installé à titre principal en 1997 avec 1,5 hectares. Je n’ai pas un parcours commun : j’ai une formation d’économiste et de droit. Cela me paraissait très intéressant. J’ai fait l’institut de géographie aussi. Je cherchais ce que je voulais faire à l’époque. J’ai même passé le concours de l’école normale. »

Pourquoi avoir choisi le vin ? « C’était une passion ! Ca m’a toujours intrigué surtout quand je suis arrivé dans la région. Au début, j’ai commencé par vendre des maisons, puis je suis rentré dans la grande distribution en tant que chef de rayon liquide. Je me suis intéressé au vin. J’en vendais mais je voulais savoir comment ça se faisait. Un jour, une collègue de mon ex-femme, m’a expliqué que son mari travaillait dans un château et qu’au vu de mon CV, je pourrai postuler. Je n’y connaissais rien j’ai fait l’équivalent d’un BTA (brevet de technicien agricole) en 1 an. Je suis allé en alternance dans un château qui faisait des liquoreux à Sainte Croix du Mont. J’y ai vraiment pris goût. Ces études, je les ai faites avec plaisir, j’avais un but ! J’ai eu mon diplôme, je suis revenu dans les coins. J’ai cherché du travail et assez vite j’ai trouvé un poste chez mon premier patron. En même temps, j’ai monté un projet d’installation.« 

« Je suis le Robin des Bois de la viticulture »

Gilles

Bio ou pas bio ? « Je suis en agriculture raisonnée parce que j’utilise trois produits qui ne sont pas bio, c’est-à-dire qu’ils sont de synthèses. Attention ce ne sont pas des CMR* ! Les produits que j’utilise sont diffusés uniquement sur la fleur. Avant et après je fais du cuivre et du soufre. Je n’ai rien contre ceux qui font du bio au contraire. Je leur tire mon chapeau parce que c’est du boulot et des risques de perte de récolte. Personnellement, j’ai désherbé pendant 2 ou 3 ans. J’ai été sensibilisé et depuis je laboure. Par contre, il ne faut pas faire passer les bio pour les gentils et les autres pour des méchants !« 

Faire du vin est une chose, le vendre en est une autre. « J’en vends dans les grandes surfaces. J’ai des points de chute. J’ai eu fait des marchés mais je ne fais pas d’exportation à l’étranger car j’ai un trop petit volume de vins. Je vendais une grosse partie du Bordeaux supérieur aux négoces parce que ça faisait trop de bouteilles que je ne suis pas en capacité de fournir ici. Malgré tout, ça assure une rentrée d’argent. Il faudrait quand même fixer un prix minimum pour le tonneau car ils n’ont pas de concordance, il y a trop de différences entre nous et certaines propriétés dans le Saint Emilion notamment. Moi j’ai des vignes sur trois appellations différentes : Bordeaux Supérieur, Montagne Saint-Emilion et Lalande de Pomerol. C’est dû à un découpage politique ! Les vignes que j’ai aux Artigues de Lussac ne font pas partie de l’appellation Lussac malgré le nom. Je suis coincé dans une gamme de prix. Je pourrai très bien dire mon vin il vaut 13,50€ la bouteille mais il faut le justifier auprès des consommateurs qui vont dire qu’il n’est pas mauvais pour un Bordeaux. »

« Faire du vin, c’est recevoir le plaisir que l’on procure aux autres »

Gilles

Trois vins sont produits sur la propriété : « le Château des Vieilles Vignes distribué en bib et provenant de l’appellation Bordeaux Supérieur, le Château du Biscarlat en appellation Lalande de Pomerol et enfin le Château LéoLucas en appellation Montagne Saint-Emilion. Les deux derniers sont mis en bouteilles. Le cépage Merlot domine à plus de 90%. Le terroir en grande partie graveleux, leur donne une structure et une persistance aromatique. Les raisins sont récoltés à sur-maturation pour obtenir des vins denses à la fois charpentés et charnus mais aussi souplesse et rondeur avec un fruit très présent caractérisé par des notes de mûre, cassis, pruneau confit. L’intégralité de la production est caractérisée par des vins de garde (8 à 12 ans).« 

N’hésitez pas à aller à sa rencontre pour déguster ses vins et en acheter !

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