Les Vignobles Siozard, des frères éclectiques

Une propriété familiale, basée dans l’Entre-deux-mers, depuis six générations ainsi qu’une deuxième propriété en plein cœur des Graves, les Vignobles Siozard ont une large palette de vins pour satisfaire un grand nombre d’amateurs. David et Laurent Siozard forment un duo complémentaire pour la création et la commercialisation de leurs vins.

« Nous avons la propriété principale, le Château du Claouset, qui se situe à Lugaignac sur un coteau argilo-calcaire. Elle est en début de l’Entre-deux-mers. Nous y avons plus d’une cinquantaine d’hectares et huit cépages rouges (merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon, petit verdot, carménère, malbec, marselan* et le castets*) ainsi que quatre cépages blancs (sauvignon blanc, sauvignon gris, muscadelle et sémillon). Nous produisons des vins génériques, des vins d’assemblages en Bordeaux rouge, rosé et blanc ainsi qu’une gamme de vins de cépage, la gamme Ipsum – qui signifie « lui-même » en latin – avec les six cépages de Bordeaux : le merlot, le cabernet franc, le cabernet sauvignon, le petit verdot, la carménère et le malbec » m’explique David. Sur chaque étiquette de cet éventail de bouteilles se trouve le dessin d’une goutte. « Cela permet aux gens de mémoriser le goût et l’identité de chaque cépage. On ne s’interdit pas de faire des choses différentes en complément de nos cuvées château. »

« Tant que les raisins ne sont pas dans les cuves, on ne parle pas de récolte »

Le grand-père de David et Laurent

Sur cette principale propriété, trois cuvées singulières sont également produites. « Elles sont dans la lignée d’aujourd’hui, en phase avec la demande avec un profil sur le fruit. Le premier, La Villa Lucanius. À deux cents mètres du domaine se trouve une villa gallo-romaine, sur laquelle il y a eu un champ de fouilles dans les années 80. Je me suis inspiré de la cartographie qui a été faite de cette villa pour créer une cuvée car notamment dans cette fouille a été découverte des débris d’amphores dans lequel il y avait eu du raisin macéré. La vigne ce ne sont pas les gaulois qui l’ont créée, ce sont les romains qui l’ont amenée quand ils se sont installés un peu partout en Gaule. Notre village c’est Lugaignac et ce préfet romain qui était propriétaire de cette énorme villa s’appelait Lucanius donc on a créé cette cuvée en hommage à ce préfet qui nous a amené la vigne, à ce site historique. » C’est un assemblage 50% malbec – 50% cabernet sauvignon, il connaît une macération pré-fermentaire pendant cinq jours, une fermentation alcoolique, une macération pendant vingt jours à 25° puis un élevage en barriques neuves de chêne Français pendant 12 mois.

Les deux autres vins ont une particularité : la bouteille. Au lieu d’être une bouteille bordelaise, c’est une bouteille bourguignonne. « Le deuxième est la version rouge, il se nomme Hexa. C’est une cuvée originale issue d’un assemblage aux proportions identiques des six cépages rouges emblématiques du Bordelais (merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon, malbec, carménère et petit verdot). Il est élevé en amphore de 750 ou 1 000L. Il détient un profil extrêmement fruité avec des notes de chaque cépage vraiment complémentaire. » Le contenant, l’amphore, est vraiment un plus à ce vin car c’est un contenant minéral, il permet aux tanins d’être plus soyeux. Dû à la pression lunaire, les lies sont toujours en suspension et cela permet au vin de se régénérer et de s’auto-alimenter. Cela renforce le côté très fruité et gourmand. « Nous l’avons créé il y a trois ans et il est vendu en primeur. Les clients savent qu’il faut le commander en avance pour en avoir. »

« Le troisième est un vin orange. C’est une création 2022 ! Alors le vin orange est un vin blanc élaboré comme un vin rouge. C’est-à-dire que l’on ramasse les raisins, chez nous, de sauvignon gris, on les fait macérer, on les presse et le jus qui est devenu du vin est mis en amphore le temps de nos vendanges environ 45 jours. Nous n’avons pas voulu tendre vers un profil oxydatif. Il s’ouvre sur des arômes de pamplemousse, des parfums de fruits de la passion et de litchi. C’est un vin frais et complexe. En dégustation à l’aveugle, personne ne devine que c’est un Bordeaux et encore moins un Entre-deux-mers. C’était un vrai challenge pour nous. »

« Je savais que je reviendrai à la propriété ! J’y étais fortement attaché ! »

David

« Pour terminer sur les vins que nous faisons à Lugaignac, nous avons deux autres cuvées décalées de frais. Nous avons lancé des étiquettes avec du sable. Du jamais fait ! Nous avons produit un rosé en IGP* de l’Atlantique avec un pressurage direct de cabernet sauvignon, malbec et cabernet franc. Il a une couleur très pâle à tendance provençale. On est sur du fruit, de la fraîcheur, de l’aromatique avec un effet salivant. Nous avons fait une déclinaison en blanc avec une typicité Entre-deux-mers également en IGP de l’Atlantique. Il est fait avec du sauvignon blanc. C’est un clin d’œil à la plage, à l’été, il est simple et bien fait. »

Les vignobles Siozard ce n’est pas seulement Lugaignac c’est aussi le plein cœur des Graves notamment à Barsac. Achetée au retour de David il y a 10 ans, le château Lapinesse avec ses sept hectares vient compléter la gamme. Un profil plus qu’intéressant car il apporte une grosse variété d’appellations (Sauternes et Graves Supérieures ainsi que des vins des Graves). « C’est un endroit où l’on produit un vin beaucoup plus confidentiel, on s’y fait plaisir. On vendange tout à la main. Sur ce domaine, nous produisons deux blancs secs, un blanc de garde, trois rouges et quatre vins sucrés (un moelleux et trois liquoreux). »


« Nous avons une gamme extrêmement large et c’est notre force ! »

David

« Nous avons été labellisé en agriculture raisonnée « Terra Vitis » depuis 2016 et entreprise Haute Valeur Environnementale depuis 2018. Nous sommes conscients de la fragilité de notre environnement naturel, nous sommes en conversion à l’agriculture biologique. C’est une demande de plus en plus importante. Et le taux de conversion dans le Bordelais est en augmentation. Bordeaux joue le jeu et fait d’énormes efforts pour rester dans la course même s’il n’y a pas beaucoup de relais au niveau national ! » Un respect de plus en plus grand pour le milieu où ils travaillent. Pourtant David ne se destinait pas forcément au vin. « A 18 ans, je ne buvais pas de vin. Mon père pensait même que je n’étais pas son fils, qu’il y avait eu une erreur à la maternité ! Je n’avais aucun intérêt pour le vin ! Je voulais faire comme ma grand-mère paternelle, je voulais prendre les avions, découvrir des gens, m’ouvrir au monde. J’ai fait des études de commerce international qui ont été extrêmement formatrices et qui m’ont permis de créer un réseau. Cela nous a permis avec mon frère d’apporter une vraie flexibilité, une vraie adaptation de nos profils de vin. Mon frère, dès son arrivée en 2001, sur la propriété l’a très vite structuré. Nous avons compris que nous sommes nombreux sur le marché, qu’il faut se diversifier et que les places sont chères. À nous d’arriver avec des produits plaisants, atypiques et réguliers en qualité. L’avantage est que nous sommes complémentaires : j’ai besoin de ses vins pour les marchés, il a besoin d’argent pour acheter les machines qui permettront de produire le vin. Nous pouvons également énormément compter sur notre père qui vaut de l’or ! »

« C’est un métier de passion ! Nous restons motivés et ambitieux malgré la difficulté ! »

David

N’hésitez pas à aller à la propriété ou à les contacter sur les réseaux sociaux pour découvrir leurs vins !

Marselan :  C’est un cépage noir issu d’un croisement réalisé en 1961, entre le cabernet-sauvignon et le grenache noir. Ce cépage a été introduit dans le vignoble de la vallée du Rhône, du Languedoc, en Suisse, en Californie et en Espagne. Les grappes du marselan sont de petites à moyennes tailles.

Castets : Découvert en Gironde vers 1870 par Nicouleau et multiplié par Castets vers 1875. Ce cépage, que l’on rencontrait très régulièrement côté rive droite de la Garonne, est aujourd’hui en voie de disparition. Il est le fruit d’un croisement naturel entre le camaraou noir et le gros cabernet. Ses grappes sont moyennes à grandes.

IGP : L’indication géographique protégée est un signe d’identification de l’Union européenne qui désigne des produits dont la qualité ou la réputation est liée au lieu de production, de transformation ou d’élaboration.

6 commentaires sur « Les Vignobles Siozard, des frères éclectiques »

  1. Encore une fois tu as su faire passer le message, transmettre ton amour du vin, des cépages, de la vinification, et cerise sur la barrique…, présenter les propriétaires comme des alchimistes du nectar bordelais. Cette famille te doit une fière chandelle tant tu as loué et sublimé leur passion.
    Félicitations.

    Aimé par 1 personne

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