Sur la route des vins – épisode 2

Embarquons à la découverte des appellations de la Rive Droite. Elle propose des vins dont la dominance de merlot apporte de la rondeur, où le cabernet franc est moins rigide et plus frais en comparaison avec le cabernet sauvignon. Ils sont, eux aussi, encore très bons après quelques années de garde ! Les connaissez-vous ?

Commençons par le nord de la Gironde. A quelques encablures de la Charente-Maritime et face au Médoc se trouvent deux terres de vins sous-estimées et peu connues : le Blayais et le Bourgeais. A elles deux, elles comptent 9 950 hectares de vignes pouvant produire 75% de rouge en cépages merlot, cabernet sauvignon et malbec et 25% de blanc en sauvignon blanc et colombard*. Au XVIIème siècle, Bourg était considéré comme l’un des meilleurs terroirs du Bordelais. Que s’est-il passé ? Les viticulteurs pratiquaient la culture en « joualles » pour diversifier leurs sources de revenu. Cela consistait à semer un rang de céréales entre chaque rang de vigne pour augmenter la productivité. Un problème s’est posé : un excès d’irrigation. A la fin du XXème siècle, les vignerons ont voulu mettre en lumière leur travail et sortir de l’ombre en proposant des évènements culturels comme le Printemps du vin ou le Marathon de Blaye.

Continuons notre route des vins en Entre-deux-mers. Si l’appellation Entre-Deux-Mers est réservée aux blancs, la zone géographique du même nom produit une majorité de vins rouges (70%) principalement sous l’appellation régionale Bordeaux Supérieur. Les vignobles de l’Entre-Deux-Mers comptent 30 000 hectares dont 1 500 en AOC Entre-deux-mers. Les cépages blancs que l’on retrouve sont le sauvignon, le sémillon et la muscadelle. Les vins blancs qui sont produits sont secs et vifs avec une robe jaune paille aux reflets verts et des notes d’acacia, d’agrumes et de fruits exotiques. La région produit également des vins moelleux et liquoreux notamment à Cadillac, Loupiac et Sainte-Croix-du-Mont.

Poursuivons dans le Libournais. Voyageons au paradis du merlot. On y compte 12 500 hectares qui produisent 99% de rouge en merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon et 1% de blanc en sauvignon, sémillon et muscadelle. A l’ouest de Libourne, se trouvent Fronsac et Canon-Fronsac. Avec leurs 1 000 hectares ne produisant que du rouge, c’est le vignoble le plus vallonné de Bordeaux. Il s’étend sur des pentes de calcaire et domine la Dordogne et l’Isle. 30% de ses surfaces sont certifiées bio ou sont en cours. Poussons au nord, avec Pomerol. Les 140 propriétés se partagent 800 hectares. C’est l’appellation la plus prestigieuse de la Rive Droite avec notamment le vin le plus cher au monde : Petrus. Les vins peuvent être dégustés aussi bien jeunes que plusieurs années après. Progressons dans les satellites de Saint-Emilion qui comptent 4 000 hectares : Montagne, Saint-George, Lussac et Puisseguin. Ces appellations profitent de terroirs similaires à Saint Emilion et ont un excellent rapport qualité. Découvrons la plus petite appellation bordelaise avec 425 hectares, les Francs Côte de Bordeaux. C’est la seule à produire des vins rouges, blancs et blancs liquoreux. Pour finir dans le Libournais, arrêtons-nous dans l’appellation Castillon Côte de Bordeaux. Ses 2 500 hectares profitent des sols graveleux près de la Dordogne, des sols argileux en pied de coteaux puis calcaires sur les plateaux.

Terminons cette route des vins à Saint Emilion. Surnommée la « colline aux mille châteaux », l’appellation Saint-Emilion occupe un plateau découpé par des vallons. On y trouve des propriétés bien plus petites que dans le Médoc. Le merlot occupe la majorité du vignoble. On distingue les vins de côte qui sont généralement plus corsés et charpentés et les vins de plaine qui sont plus souples et plus fins. Les vins de Saint-Emilion se distinguent par une rondeur et une finesse des tanins grâce au duo merlot-cabernet franc. Les vins méritent 5 à 10 ans de garde pour développer leur potentiel. Depuis 1955, l’appellation s’est enrichie d’un classement révisé tous les 10 ans par un comité de dégustation de l’INAO*. 82 Grands Crus y sont classés. Si dans le sport ou dans le cinéma, ce sont les agents qui font la pluie et le beau temps, à Saint-Emilion, ce sont des « oenologues-consultants » qui accompagnent plusieurs propriétés tout au long de l’année. La cité médiévale résonne avec l’Histoire des vins de Bordeaux.

Le vin est le miroir de l’homme

Alcée

Colombard : Le colombard fait partie des cépages les plus anciens des Charentes. Ce cépage blanc doré est issu d’un croisement entre le chenin et le gouais. Ce cépage produit du vin blanc corsé et fin. Des arômes de citron vert, de nectarine, de buis, d’agrumes, de fruits exotiques s’en dégagent.

INAO : Institut national de l’origine et de la qualité. C’est un établissement public français qui dépend du ministère de l’agriculture.

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